{"id":6059,"date":"2016-01-08T18:38:07","date_gmt":"2016-01-08T18:38:07","guid":{"rendered":"http:\/\/florealpeleato.com\/?p=6059"},"modified":"2016-01-08T18:38:07","modified_gmt":"2016-01-08T18:38:07","slug":"mosaique-indienne","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/florealpeleato.com\/fr\/mosaique-indienne\/","title":{"rendered":"Mosa\u00efque Indienne"},"content":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0Mosa\u00efque indienne\u00a0\u00bb, article publi\u00e9 dans <em>Positif, <\/em>dossier \u00ab\u00a0Figures du western\u00a0\u00bb,\u00a0N\u00ba 509\/510, juillet\/ao\u00fbt 2003, p 10-16.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">MOSA\u00cfQUE INDIENNE<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019enfance du monde<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u201cQu\u2019est-ce que la vie ? C\u2019est l\u2019\u00e9clat d\u2019une luciole dans la nuit. C\u2019est le souffle d\u2019un bison en hiver. C\u2019est la petite ombre qui court dans l\u2019herbe et se perd au couchant\u201d<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><em>\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0<\/em>Crowfoot, 1877<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Porte-parole de la conf\u00e9d\u00e9ration des Pieds-Noirs<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">A coup s\u00fbr la terre indienne foudroie le voyageur stup\u00e9fait de d\u00e9couvrir en lui un po\u00e8te ou un voyant. La <em>Gen\u00e8se<\/em> et l\u2019<em>Exode <\/em>frapp\u00e8rent les esprits au point que certains virent chez les peuples indiens les descendants des tribus perdues d\u2019Isra\u00ebl. Le peintre George Catlin alla m\u00eame jusqu\u2019\u00e0 affirmer que les Mandans \u00e9taient d\u2019origine galloise. Il n\u2019est pas rare que l\u2019indien noble du western soit digne d\u2019\u00eatre blanc car il \u00e9veille davantage la nostalgie d\u2019un monde perdu que l\u2019admiration d\u2019un monde diff\u00e9rent. D\u2019o\u00f9 la fascination pour ces mythiques indiens aux yeux bleus du haut Missouri, pour ces rivi\u00e8res dont le cours conduit aux sources de l\u2019Eden car pour nombre d\u2019auteurs de western l\u2019Ouest fut, comme l\u2019affirma Abraham Polonsky, un Paradis perdu.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">En 1520, Hern\u00e1n Cort\u00e8s \u00e9crit \u00e0 Charles Quint que les mots lui manquent pour exprimer ce qu\u2019il ne peut d\u00e9crire car des splendeurs sans nom foisonnent dans le Nouveau Monde : depuis tous les voyageurs ont r\u00eav\u00e9 de chanter le Dit de l\u2019Am\u00e9rique. De cette geste inachev\u00e9e les cin\u00e9astes sont les h\u00e9rauts. Certains ont r\u00e9ussi le prodige de faire entrer le monde dans l\u2019\u00e9cran, non pas de mani\u00e8re frontale mais en situant le spectateur au centre de ce monde ceintur\u00e9 de montagnes (<em>La piste des g\u00e9ants, Le convoi des braves, La captive aux yeux clairs, Jeremiah Johnson<\/em>). Aucun cependant, tant s\u2019en faut, n\u2019a capt\u00e9 le murmure des hautes herbes de la Prairie comme l\u2019oeil du photographe Edward S. Curtis, tout particuli\u00e8rement lorsqu\u2019il s\u00e9journa chez les Pi\u00e9gans du Montana. L\u2019horizontalit\u00e9 sans fin serait-elle plus difficile \u00e0 filmer que les cimes et les canyons ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"https:\/\/florealpeleato.com\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/The-big-sky-1.jpg\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-6063 alignleft\" src=\"https:\/\/florealpeleato.com\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/The-big-sky-1.jpg\" alt=\"The big sky 1\" width=\"252\" height=\"200\" \/><\/a>Que l\u2019on cite \u00e0 l\u2019envi la c\u00e9l\u00e8bre d\u00e9finition de la vie contenue dans <em>Macbeth<\/em> ou la vision de monde plus r\u00e9cente propos\u00e9e par Cormack Mac Carthy (1) on se heurte au chaos, \u00e0 l\u2019illusion, \u00e0 la lutte aveugle de l\u2019homme blanc contre les \u00e9l\u00e9ments, tandis que pour Crowfoot, Black Elk, Luther Standing Bear et aujourd\u2019hui Yellow Tail, Lame Deer, Tacah Ushte, la vie est une offrande votive de l\u2019homme \u00e0 la M\u00e8re Nature. Il n\u2019y a pas de Prom\u00e9th\u00e9e indien.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Tr\u00e8s t\u00f4t le deuil de la conqu\u00eate d\u00e9lita la beaut\u00e9 d\u2019un monde que les r\u00eaveurs d\u2019Am\u00e9rique savent perdue. D\u00e8s le XVII si\u00e8cle l\u2019abeille (2) annon\u00e7a dans l\u2019Ouest la venue de l\u2019homme blanc des si\u00e8cles apr\u00e8s que Douce M\u00e9decine, le h\u00e9ros Cheyenne des temps imm\u00e9moriaux, eut proph\u00e9tis\u00e9 la disparition de l\u2019Am\u00e9rique indienne. Il avait pr\u00e9dit le cheval et les hommes barbus mais il ignorait que le miel pr\u00e9c\u00e9derait la variole, l\u2019alcool, la famine, les armes, les r\u00e9serves, l\u2019exclusion et l\u2019injustice (3). Si le miel est pour les europ\u00e9ens la douce r\u00e9compense de la Terre promise il fut pour les indiens l\u2019amer pr\u00e9sage de la douleur. Pis encore : le soc de la charrue (<em>La caravane vers l\u2019Ouest<\/em>) \u00e9ventra la terre indienne, cette \u00e9toffe pliss\u00e9e par des mains invisibles.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Gardien du r\u00eave<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u201cTout son \u00eatre tendait vers une seule chose, un seul but : courir. Il d\u00e9passa la souffrance. L\u00b4\u2019\u00e9puisement s\u2019empara de son esprit, et enfin il put voir sans avoir \u00e0 penser. Il put voir le canyon, les montagnes et le ciel.\u201d<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><em>\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0Scott Momaday (4)<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">La danse du soleil des Indiens des Plaines est une asc\u00e8se solitaire qu\u2019entreprend un homme en qu\u00eate de vision, mais les auteurs d\u2019Un homme nomm\u00e9 Cheval (5) pr\u00eatent \u00e0 ce rite religieux la valeur d\u2019une preuve de virilit\u00e9 impos\u00e9e, tant le blanc continue d\u2019associer l\u2019indien au guerrier ou plut\u00f4t au \u201csauvage\u201d. Pour tout dire il est un guerrier dont la mission est d\u2019apporter la paix au p\u00e9ril de sa vie. Cependant, ne nous y trompons pas : la vie indienne \u00e9tait rude, voire brutale ; il cotoyait la mort jour apr\u00e8s jour. Face \u00e0 l\u2019indien voici le blanc qui a perdu son essence guerri\u00e8re devenu un conscrit \u00e0 la solde d\u2019un gouvernement ou un mercenaire dont le bras s\u2019abat au gr\u00e9 des alliances politiques.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019\u00e9glise des blancs est l\u2019ecclesia, le lieu o\u00f9 s\u2019assemblent les fid\u00e8les au moment du culte ou lorsqu\u2019un danger menace la communaut\u00e9, tandis que la nature est le temple qui unit l\u2019indien \u00e0 la terre et au ciel. Certains voyageurs l\u2019ont compris: \u201cJ\u2019affirme sans crainte, au su de tous \u2013 et je d\u00e9fie quiconque de soutenir le contraire \u2013, que partout o\u00f9 on le rencontre dans son \u00e9tat de nature, l\u2019Indien d\u2019Am\u00e9rique du Nord est un \u00eatre profond\u00e9ment moral et religieux, dot\u00e9 par son cr\u00e9ateur d\u2019une connaissance intuitive de la pr\u00e9sence d\u2019un grand architecte de l\u2019univers et de son propre \u00eatre.\u201d \u00e9crit George Catlin en 1844 (6).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><em>Cet enracinement cosmique qui \u00e9mane du s\u00e9quoia et du saguaro (7) souvent \u00e9chappe au blanc pour lequel ces croyances qu\u2019il ne comprend pas sont des superstitions. Ainsi, \u00e0 ce jour, nulle danse Hopi de la pluie, nulle joute verbale Shawnee ne sont venues embellir le western. Pour le blanc \u2013 surtout le catholique \u2013, le sacr\u00e9 appartient au r\u00e8gne du visible, de sorte qu\u2019il a besoin de repr\u00e9sentations pour d\u00e9crire le sacr\u00e9 des mondes indiens : le <\/em>heyoka, <em>le <\/em>contraire<em> r\u00eaveur de foudre quelque peu pittoresque (<\/em>Little Big Man), <em>les cimeti\u00e8res crow, cheyenne et sioux (<\/em>Jeremiah Johnson, Little Big Man, Un homme&#8230;<em>) l\u2019attestent, alors que pour l\u2019indien tout est trace de l\u2019\u00e9tincelle du divin. La danse du soleil est une pri\u00e8re\u00a0 au m\u00eame titre que le bain de vapeur, le chant, la pipe bourr\u00e9e d\u2019\u00e9corce de saule rouge<\/em>, <em>la chasse. Pour cette raison le chasseur blanc fl\u00e9chit son bras lorsqu\u2019il saisit d\u2019instinct que la mise \u00e0 mort de l\u2019animal priv\u00e9e du sens d\u2019une c\u00e9l\u00e9bration devient une profanation (<\/em>D\u00e9livrance, Voyage au bout de l\u2019enfer<em>). <\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019indien blanc<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><em>\u201cIl rentra chez lui trois ans plus tard (de chez les Crows)&#8230; Il ne lui parut pas n\u00e9cessaire de s\u2019excuser, ni de se vanter, parce qu\u2019il \u00e9tait l\u2019\u00e9gal de n\u2019importe quel autre homme sur terre.\u201d \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0<\/em>Dorothy Johnson (8)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Sunchaser <em>a montr\u00e9 la course \u00e9perdue de Blue, un fugitif malade, au bord de l\u2019agonie, \u00e0 la recherche de son ombre indienne. A l\u2019heure de la mort ce \u201cchasseur de soleil\u201d trouvait enfin la r\u00e9conciliation avec lui-m\u00eame et le monde.\u00a0 Cet \u00eatre jeune, noir, rebelle est l\u2019h\u00e9ritier des indiens blancs. Pour lib\u00e9ratrice qu\u2019elle soit, l\u2019exp\u00e9rience de Blue, d\u2019un homme nomm\u00e9 Cheval, n\u2019en est pas moins douloureuse. Qu\u2019ils se nomme O\u2019 Meara (<\/em>Le jugement des fl\u00e8ches<em>)<\/em>, <em>Dunbar (<\/em>Danse avec les loups<em>) ou Jeremiah Johnson l\u2019indien blanc pr\u00e9f\u00e8re un monde sans \u00e9tat, sans drapeau, sans argent, ni prison. D\u2019une certaine mani\u00e8re aussi la communaut\u00e9 de proscrits (<\/em>Josey Wales<em>) partage le sort des indiens blancs qui assistent au d\u00e9p\u00e9rissement d\u2019un monde ou d\u2019un mode de vie.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><em><a href=\"https:\/\/florealpeleato.com\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/Run-of-arrow.jpg\"><img decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-6072 alignleft\" src=\"https:\/\/florealpeleato.com\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/Run-of-arrow-300x168.jpg\" alt=\"Run of arrow\" width=\"300\" height=\"168\" \/><\/a>homme d\u00e9senchant\u00e9, guett\u00e9 par la folie, l\u2019amertume ou le mutisme, est purifi\u00e9 par le renoncement. En lui s\u2019incarne le sacr\u00e9 m\u00eame si jamais sa parole n\u2019ose l\u2019avouer. Peut-\u00eatre aussi la parole des blancs ne sait-elle dire la beaut\u00e9 primordiale du monde. Mais qu\u2019il quitte le monde indien et la d\u00e9chirure se rouvre (Todd le Comanche dans <\/em>La derni\u00e8re caravane<em>). Parfois m\u00eame la mort est au rendez-vous. <\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><em>Dans <\/em>Fureur Apache<em> Macintosh l\u2019\u00e9claireur est le seul \u00e0 comprendre la constance du rite et d\u2019une \u00e2pre violence dans la vie d\u2019Ulzana, l\u2019apache \u00e9vad\u00e9 de la r\u00e9serve. Mais face \u00e0 lui les officiers blancs manifestent \u00e0 l\u2019endroit des indiens le m\u00e9pris le plus vil ou l\u2019apitoiement le plus veule. Macintosh meurt \u00e0 son tour comme il sied aux hommes qui n\u2019appartiennent plus \u00e0 une communaut\u00e9 : seul. La s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 \u00e0 vif de l\u2019indien blanc confirme aujourd\u2019hui encore qu\u2019il est difficile pour les cin\u00e9astes blancs d\u2019aborder les religions indiennes, si ce n\u2019est par le biais de l\u2019homme \u00e9cartel\u00e9 entre deux cultures, de sorte que sa silhouette se glisse au d\u00e9tour de plus d\u2019un film contemporain, tel un Ulysse sans espoir ni d\u00e9sir de retour.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><em>Georges Devereux, l\u2019auteur du passionant <\/em>Psychoth\u00e9rapie d\u2019un Indien des Plaines,<em> fut un indien blanc de la pens\u00e9e moderne. Hongrois de naissance devenu roumain apr\u00e8s 1918, puis fran\u00e7ais et enfin ayant un passeport am\u00e9ricain, mais toujours indien mohave de coeur, il fut un chercheur qui \u00e9chappe aux \u00e9coles, un cavalier d\u00e9racin\u00e9, un homme pris entre plusieurs langues et noms. En effet, t\u00f4t ou tard, l\u2019indien blanc change de nom<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><em>L\u2019\u00e2ge du cheval<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u201c<em>Une nation \u00e0 cheval surgira\u00a0! Una nation qui fera gronder la terre surgira\u00a0!<\/em>\u201d<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><em>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <\/em>Chant Lakota<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Nul ne sait si les chevaux espagnols \u00e9chapp\u00e9s lors de la r\u00e9volte des Pueblos en 1680 furent d\u2019abord captur\u00e9s par les Kiowas, les Pawnees, les Comanches, les Shoshones, les Utes ou ce myst\u00e9rieux peuple que La V\u00e9rendrye nomma au milieu du XVIII si\u00e8cle \u201cGens de chevaux\u201d \u2013 peut-\u00eatre les Cheyennes \u2013 mais l\u2019on sait que l\u2019apparition du cheval bouleversa la vie des Plaines et des Montagnes Rocheuses autant que les r\u00eaves des cavaliers europ\u00e9ens \u00e9pris du mythe du centaure.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Depuis lors le western a grav\u00e9 l\u2019image du cavalier qui monte \u00e0 cru au grand galop. Cependant, au risque de d\u00e9cevoir les admirateurs de Yakima Canutt il faut dire que les indiens utilisaient parfois des selles espagnoles et s\u2019ils montaient \u00e0 cru une corde ceignait les flancs de leur coursier. S\u2019il est vrai que de m\u00e9moire indienne l\u2019on se souvient d\u2019un raid men\u00e9 par des cavaliers Pi\u00e9gans \u00e0 la fin du XVIII si\u00e8cle qui les conduisit des sources du Missouri jusqu\u2019aux rives du R\u00edo Grande et au terme duquel ils revinrent, deux ans plus tard, avec des centaines de chevaux, il n\u2019en est pas moins vrai que certaines exp\u00e9ditions guerri\u00e8res s\u2019effectuaient \u00e0 pied, m\u00eame sur de longues distances.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Le western n\u2019a gard\u00e9 du marcheur indien que le souvenir du fugitif qui court (<em>Bronco Apache, Willie Boy<\/em>), de l\u2019assaillant qui \u00e9pie (<em>L\u2019homme sauvage, Fureur apache<\/em>), du mendiant (<em>Canyon Passage, Le Nouveau Monde<\/em>) ; d\u2019ailleurs, Pauvre Diable le Pied-Noir errant (<em>La captive aux yeux clairs<\/em>) est lui aussi un indien sans cheval. A la fin de <em>La charge h\u00e9ro\u00efque <\/em>Nathan Brittles (John Wayne) exprime le point de vue dominant: \u201c<em>Aller \u00e0 pied humilie les indiens.\u201d <\/em>Quant au r\u00e9v\u00e9rend Clayton (Ward Bond) de <em>La prisonni\u00e8re du d\u00e9sert <\/em>il d\u00e9clare sans ambages qu\u2019<em>\u201cUn Comanche \u00e0 pied est facile \u00e0 mater.\u201d<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"https:\/\/florealpeleato.com\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/the-searchers-3.jpg\"><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-6065 alignleft\" src=\"https:\/\/florealpeleato.com\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/the-searchers-3.jpg\" alt=\"the searchers 3\" width=\"299\" height=\"169\" \/><\/a>A regret le western abandonne la mer de l\u2019Ouest pour montrer des Iroquois (<em>Sur la piste de Mohawks, <\/em>le cycle consacr\u00e9 \u00e0 Bas-de-cuir) ou des S\u00e9minoles (<em>Les aventures du capitaine Wyatt, L\u2019exp\u00e9dition du Fort King<\/em>), peuples des for\u00eats de l\u2019Est qui furent avant tout des coureurs, ou de mani\u00e8re exceptionnelle les Kwatiutls du Nord-Ouest (<em>In the land of war canoes, Dead Man<\/em>). Comme si du point de vue du blanc la dignit\u00e9 de l\u2019indien tenait \u00e0 sa monture. Comme si pour le metteur en sc\u00e8ne le mythe \u00e9tait plus fort que l\u2019imagination.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><em>Les guetteurs<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><em>\u201cTout \u00e0 coup, les cr\u00eates des collines s\u2019\u00e9taient couvertes d\u2019Indiens \u00e0 cheval, au moins au nombre de six cents, qui \u00e9taient descendus sur le camp en poussant des hurlements&#8230;<\/em>\u201d<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><em>\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0\u00a0<\/em><em>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <\/em>Francis Parkman (9)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Une statue \u00e9questre, invisible quelques secondes auparavant et qui pourtant semble l\u00e0 de toute \u00e9ternit\u00e9,\u00a0 se profile, tel un signe annonciateur (<em>signa <\/em>ne signifie-t-il pas en latin \u00ab\u00a0statues des dieux\u00a0\u00bb\u00a0?) d\u2019une rupture d\u2019\u00e9quilibre. Quelquefois sa pr\u00e9sence muette et sa proximit\u00e9 expriment le passage d\u2019un seuil (<em>Jeremiah Johnson<\/em>) mais le plus souvent le cavalier se fond dans le paysage nu, souvent \u00e0 contre-jour selon un axe est-ouest, parfois au soleil couchant (<em>Winchester 73)<\/em>\u00a0; priv\u00e9 d\u2019une identit\u00e9 individuelle il devient une figure.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">En cela le western est l\u2019h\u00e9ritier des peintres contemporains du Romantisme qui ont id\u00e9alis\u00e9 le \u201csauvage\u201dqui scrute l\u2019horizon ou s\u2019y fond, \u00e0 l\u2019instar des figures lointaines de Caspar David Friedrich perdus dans la contemplation d\u2019une immensit\u00e9 vide. Des toiles d\u2019Albert Bierstadt, Whittredge, Thomas Moran, Alfred Jacob Miller se d\u00e9gage une certaine solennit\u00e9 th\u00e9\u00e2trale car la lumi\u00e8re ne semble pas na\u00eetre du paysage mais du balcon des dieux d\u2019o\u00f9 l\u2019on regarde l\u2019homme (Il est d\u2019ailleurs frappant de constater \u00e0 quel point les plans subjectifs sont rares dans l\u2019histoire du western alors que le film noir et le cin\u00e9ma fantastique en sont prodigues).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">A leur tour les cin\u00e9astes \u00ab\u00a0<em>bigger than life\u00a0\u00bb <\/em>ont absorb\u00e9 l\u2019homme dans un d\u00e9cor imposant. Que l\u2019on songe \u00e0 la fin de <em>La charge de la 8 Brigade. <\/em>Walsh filme la reddition du vieux chef au bord d\u2019une majestueuse chute d\u2019eau dont la pr\u00e9sence impr\u00e9vue n\u2019a d\u2019autre valeur qu\u2019esth\u00e9tique. Cette redondance visuelle, superbe au demeurant, souligne la noblesse du peuple vou\u00e9 \u00e0 la disparition. Chez Walsh encore la Cit\u00e9 de la Lune (<em>La fille du d\u00e9sert<\/em>) est un vestige tellurique d\u2019un temps r\u00e9volu o\u00f9 les indiens r\u00e9gnaient sans partage sur un pays soumis \u00e0 des lois fort anciennes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Pour d\u2019autres cin\u00e9astes enclins \u00e0 filmer l\u2019homme comme un fr\u00e8re la filiation est ailleurs. Chez Delmer Daves une parent\u00e9 de ton rappelle les oeuvres d\u2019un lyrisme retenu d\u2019Henry Farny, parsem\u00e9es d\u2019ocres et de verts, o\u00f9 l\u2019indien se meut sans h\u00e2te dans un bosquet ou pr\u00e8s d\u2019un point d\u2019eau. Chez ces portraitistes, c\u2019\u00e9tait vrai d\u00e9j\u00e0 de Catlin, Bodmer, Herzog, l\u2019attention est mise sur la pr\u00e9cision du geste, l\u2019acuit\u00e9 du regard.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Plus tard les photographies de Carl Moon et les compositions d\u2019Eward S. Curtis, tant picturales que dot\u00e9es d\u2019un model\u00e9 quasiment scuptural, ont ind\u00e9niablement cr\u00e9\u00e9 une iconographie d\u2019influence durable et l\u2019on peut penser que les chefs op\u00e9rateurs qui ont arpent\u00e9 les terres de l\u2019Ouest (Bert Glennon, William Clothier, Lucien Ballard, Charles Lawton et Winton Hoch) ont assimil\u00e9 leur vision.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><em>L\u2019apparition<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><em>\u201c\u00a0&#8230;Nous v\u00eemes sept guerriers osages qui venaient \u00e0 nous. La vue d\u2019une cr\u00e9ature humaine quelconque au milieu du d\u00e9sert est aussi int\u00e9ressante que celle d\u2019un vaisseau en pleine mer. Un de ces Peaux-Rouges se d\u00e9tacha et s\u2019avan\u00e7a, la t\u00eate haute&#8230; \u201d <\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 Washington Irving (10)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Fr\u00e9d\u00e9ric Remington a l\u00e9gu\u00e9 au western son chatoiement color\u00e9 \u2013 ses fameux ocres dor\u00e9s \u2013, Charles Russell certains motifs. Ainsi de l\u2019apparition indienne. L\u2019indien\u00a0 est dot\u00e9 dans ses tableaux d\u2019un mouvement impr\u00e9visible qui oscille entre la lenteur hypnotique et l\u2019extr\u00eame rapidit\u00e9. Plus qu\u2019hostile il est une r\u00e9miniscence d\u2019un monde ancien et barbare.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">A l\u2019\u00e9cran l\u2019on joue de l\u2019effet de surprise\u00a0: les rapides panoramiques chers \u00e0 Ford qui d\u00e9couvrent les cavaliers Apaches (<em>La chevauch\u00e9e fantastique, Le massacre de Fort Apache<\/em>) et les tireurs Apaches post\u00e9s dans le canyon (<em>R\u00edo Grande<\/em>) ainsi que le panoramique gr\u00e2ce auquel nous d\u00e9couvrons les indiens mass\u00e9s derri\u00e8re le poteau t\u00e9l\u00e9graphique dans <em>Les pionniers de la Western Union<\/em> de Lang n\u2019ont cess\u00e9 de nourrir l\u2019imaginaire des cin\u00e9astes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Parfois aussi la mise en sc\u00e8ne privil\u00e9gie l\u2019attente. Une colonne de cavaliers sillone au pas une cr\u00eate rocheuse (<em>La captive aux yeux clairs, Les comancheros, <\/em>etc) \u2013 fr\u00e9quemment elle traverse l\u2019\u00e9cran dans le sens de la largeur \u2013, puis l\u2019insertion d\u2019un plan rapproch\u00e9 permet d\u2019observer les regards des indiens soudain immobiles. Cet oeil indien qui r\u00e9unit les deux infinis dans un m\u00eame regard est le sixi\u00e8me sens du grand oiseau rapace pr\u00eat \u00e0 fondre sur sa proie. A cet \u00e9gard l\u2019irruption des Comanches dans <em>La prisonni\u00e8re du d\u00e9sert <\/em>demeure sans \u00e9gale. La silhouette du chef Scar surgit d\u2019abord \u00e0 cheval au loin puis un plan serr\u00e9 de son buste, de son visage ferm\u00e9, concentre tout le sens et l\u2019\u00e9nergie de la s\u00e9quence.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"https:\/\/florealpeleato.com\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/The-big-skye-2.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-6067 alignleft\" src=\"https:\/\/florealpeleato.com\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/The-big-skye-2.jpg\" alt=\"The big skye 2\" width=\"259\" height=\"194\" \/><\/a>Quant \u00e0 l\u2019irruption des Apaches \u00e0 la fin de <em>L\u2019homme de la plaine <\/em>elle est d\u2019une simplicit\u00e9 exemplaire. Un seul plan des indiens guettant les signaux de fum\u00e9e d\u2019Arthur Kennedy suffit \u00e0 Anthonny Mann pour dramatiser la s\u00e9quence. L\u2019absence d\u2019un tel plan, surtout s\u2019il contient un regard, r\u00e9duit l\u2019apparition des indiens \u00e0 une simple ponctuation dramatique, qu\u2019elle est h\u00e9las trop souvent (<em>Le tr\u00e9sor du pendu <\/em>ou encore<em> La rivi\u00e8re rouge<\/em>) \u00e0 moins qu\u2019elle n\u2019exprime un choix ferme de mise en sc\u00e8ne. Dans <em>La chevauch\u00e9e de la vengeance<\/em> Bud Boetticher filme l\u2019attaque des Apaches Mescaleros d\u2019un mode abstrait, distanci\u00e9, car en supprimant ce plan de groupe il \u00e9limine la relation de causalit\u00e9 ainsi que la tension dramatique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><em>Gens de l\u2019Am\u00e9rique<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><em>\u201c&#8230;les Blackfeet r\u00f4dent dans la contr\u00e9e, et comme ce sont des cr\u00e9atures mauvaises et sans loi, je souhaite \u00e9viter le plus possible une rencontre avec eux.\u201d <\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 Journal de Meriwether Lewis (1806) (11)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019imaginaire du western a p\u00e9rennis\u00e9 quelques types qu\u2019un enfant reconna\u00eet ais\u00e9ment. L\u2019Apache insoumis capable d\u2019une r\u00e9sistance inhumaine est l\u2019arqu\u00e9type du guerrillero\u00a0 parce qu\u2019ils lutt\u00e8rent en petits groupes jusqu\u2019en 1890.\u00a0 Le Comanche est cruel car les Dragons puis les Rangers du Texas, les <em>hacendados<\/em> mexicains et les futurs colons qui parcouraient la Santa Fe trail, et bien des tribus indiennes, furent victimes de leurs raids. N\u00e9anmoins, Grand Bison (<em>Josey Wales<\/em>) est un sage : il scelle la paix avec Josey Wales le rebelle irr\u00e9ductible.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"https:\/\/florealpeleato.com\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/Josey-wales.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-6064 alignleft\" src=\"https:\/\/florealpeleato.com\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/Josey-wales.jpg\" alt=\"Josey wales\" width=\"272\" height=\"185\" \/><\/a>Lors des premiers contacts avec les trappeurs le Sioux fut hostile et le demeura souvent. Par ailleurs, Little Big Horn est un opprobre dans la m\u00e9moire officielle et jamais les Sioux n\u2019ont cess\u00e9 de rappeller les trait\u00e9s viol\u00e9s et de revendiquer, par exemple, la restitution des Collines Noires. Quant \u00e0 lui le Cheyenne est noble \u2013 y compris chez Cecil B de Mille \u2013 ; s\u2019il fut l\u2019alli\u00e9 des Sioux le peuple des fl\u00e8ches sacr\u00e9es se montra amical avec les explorateurs. Toujours il parut fier et ind\u00e9pendant et son organisation tribale fascina les blancs qui la consid\u00e9r\u00e8rent dignes d\u2019un r\u00e9gime polic\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"https:\/\/florealpeleato.com\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/Little-big-Man-1.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-6073 alignright\" src=\"https:\/\/florealpeleato.com\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/Little-big-Man-1.jpg\" alt=\"Little big Man 1\" width=\"276\" height=\"183\" \/><\/a>Le Pawnee est pillard ; m\u00eame dans la fiction proindienne il fait figure de mauvais indien (<em>Little Big Man, Danse avec les loups<\/em>), peut-\u00eatre parce qu\u2019ils furent les seuls indiens \u00e0 pratiquer jusqu\u2019en 1816 des sacrifices humains en Am\u00e9rique du Nord. D\u2019ailleurs Boetticher coiffera les Comanches comme des Pawnees (<em>Comanche Station<\/em>), Hathaway fera de m\u00eame avec les Apaches (<em>Le jardin du diable<\/em>) et m\u00eame Ford ornera Woody Strode d\u2019une t\u00eate de Pawnee, d\u2019un Iowa ou d\u2019un Sauk (<em>Les deux cavaliers<\/em>) alors qu\u2019il interpr\u00e8te le r\u00f4le d\u2019un Comanche. Aux yeux d\u2019Hollywood, ce cr\u00e2ne ras\u00e9, cette cr\u00eate touffue mettent en relief le masque du primitif.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Curieusement, le Pied-Noir est hospitalier. Le p\u00e9riple de Lewis et Clark (1803-1806, cf <em>Horizons lointains<\/em>) r\u00e9v\u00e9la au public am\u00e9ricain l\u2019existence de cette nation parmi les plus belliqueuses et nombreuses du continent avec laquelle eut lieu le seul incident du voyage. A quoi peut-on donc attribuer cette sympathie? Le Passage du Nord-Ouest obs\u00e9da durant deux si\u00e8cles explorateurs et gouvernants. Cet ailleurs, situ\u00e9 au long de l\u2019Epine Dorsale \u2013 entendons les Montagnes Rocheuses \u2013, \u00e9tait en quelque sorte l\u2019ultime terre vierge o\u00f9 l\u2019homme blanc voulait trouver un Paradis dont les yeux bleus des indiens serait la confirmation et qui effacerait d\u2019un souffle l\u2019effroi de la conqu\u00eate. Les auteurs de western s\u2019en sont souvenus : les Pieds-Noirs d\u2019<em>Au del\u00e0 du Missouri <\/em>et de<em> La Captive aux yeux clairs<\/em> sont\u00a0 altiers et accueillants.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"https:\/\/florealpeleato.com\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/Accross-the-wide-missouri.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-6068 alignright\" src=\"https:\/\/florealpeleato.com\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/Accross-the-wide-missouri.jpg\" alt=\"Accross the wide missouri\" width=\"274\" height=\"184\" \/><\/a>Il faut remarquer l\u2019absence des Sioux des rives du Mississipi, ceux-l\u00e0 m\u00eame qui habitent <em>La prairie<\/em> de Fenimore Cooper (seul un europ\u00e9en, Jan Troell dans <em>Le Nouveau Monde<\/em>, a \u00e9voqu\u00e9 la pendaison de quatre-vingt-cinq Sioux Santees \u00e0 Mankato en 1862) ainsi que des \u201cCinq tribus civilis\u00e9es\u201d d\u00e9port\u00e9es en Ohlahoma et des tribus d\u00e9cim\u00e9es par la variole. A noter \u00e9galement l\u2019absence relative des Arapahos, des Utes, des Crows, des Nez-Perc\u00e9s, des T\u00eates-Plates, des Shoshones \u2013 sauf dans les films qui \u00e9voquent la piste de l\u2019Or\u00e9gon \u2013, car ce sont des peuples des Montagnes Rocheuses et les \u00e9pisodes les mieux connus de la conqu\u00eate eurent lieu dans les Grandes Plaines. Et, bien entendu, sont absents ou presque les peuples s\u00e9dentaires tels que les Pueblos. Ajoutons que la poignante histoire d\u2019Ishi, le dernier des Yahis, n\u2019a eu droit qu\u2019aux honneurs d\u2019un t\u00e9l\u00e9film (10). Peut-\u00eatre parce qu\u2019il ne s\u2019agissait pas d\u2019un guerrier mais d\u2019un marcheur esseul\u00e9 et affam\u00e9, survivant d\u2019une tribu mal connue, et que l\u2019histoire s\u2019est d\u00e9roul\u00e9e en Californie en 1911. Et souvenons-nous que deux ans plus t\u00f4t avait eu lieu, aussi en Californie \u2013 un mythe d\u2019une autre nature que l\u2019Ouest \u2013 l\u2019histoire de <em>Willie Boy, <\/em>le seul Paiute protagoniste de l\u2019\u00e9cran.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"https:\/\/florealpeleato.com\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/Willie-Boy1.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-6069 alignleft\" src=\"https:\/\/florealpeleato.com\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/Willie-Boy1-300x127.jpg\" alt=\"Willie Boy\" width=\"300\" height=\"127\" srcset=\"https:\/\/florealpeleato.com\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/Willie-Boy1-300x127.jpg 300w, https:\/\/florealpeleato.com\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/Willie-Boy1.jpg 346w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>Plut\u00f4t que le <em>hogan<\/em> Navajo ou Apache <em>(La fl\u00e8che bris\u00e9e)<\/em> ou le village fortifi\u00e9 des Arikaras, le western a pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 le tipi des indiens des Plaines. Ces c\u00f4nes qui s\u2019\u00e9ploient en cercle le long d\u2019une fronti\u00e8re mouvante disparaissent sans laisser de traces physiques et symboliques et\u00a0 justifient aux yeux des blancs le mythe d\u2019une terre vierge. On ne d\u00e9truit pas en vain une ville : T\u00e9nochtitlan, la blanche capitale des Azt\u00e8ques, hante encore l\u2019imaginaire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">La parole des anciens<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><em>\u201cNous sommes comme des oiseaux avec une aile bris\u00e9e. Mon coeur est froid au dedans de moi. Mes yeux se voilent, je suis vieux&#8230;\u201d<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><em>\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0<\/em>Plenty-Coup, chef Crow, 1909<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Que de fois n\u2019avons-nous vu un indien immobile et drap\u00e9 dans une couverture dont le regard fixe et s\u00e9v\u00e8re, la complexion du visage presque min\u00e9ral disent la douleur contenue d\u2019\u00eatre \u00e9tranger en son monde. Cette icone semble issue du tableau de Maynard Dixon intitul\u00e9 <em>Medecine Robe <\/em>(1915). D\u2019ocre orang\u00e9 est la roche \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de laquelle se tient l\u2019indien, droit comme un totem, le regard lointain ; d\u2019ocre orang\u00e9 est la couverture qui le statufie. Depuis lors le western s\u2019est plu \u00e0 montrer le vieux chef \u2013 presque un patricien \u2013 dont la sagesse, que l\u2019on aimerait moins grave, le convainc de cesser toute hostilit\u00e9 envers les blancs. Insidieusement, la noblesse de l\u2019indien est attach\u00e9e \u00e0 l\u2019image du peuple \u00e9vang\u00e9lis\u00e9 (<em>Les piliers du ciel<\/em>), du chef vaincu en combat singulier par le h\u00e9ros blanc (<em>Buffalo Bill, L\u2019aigle solitaire, Les aventures du capitaine Wyatt<\/em>), souvent d\u2019ailleurs dans des eaux matricielles,\u00a0 du vieux chef dont la parole proph\u00e9tique dit haut et clair qu\u2019il faut accepter la vie dans les r\u00e9serves. La parole de Sealth, de Chef Joseph, de Tecumseh, d\u2019Osceola est plus \u00e9cout\u00e9e que celle de Sitting Bull, Wovoka ou aujourd\u2019hui Vine Deloria.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"https:\/\/florealpeleato.com\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/Broken-arrow-2.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-6070 alignleft\" src=\"https:\/\/florealpeleato.com\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/Broken-arrow-2.jpg\" alt=\"Broken arrow 2\" width=\"257\" height=\"196\" \/><\/a>Dans <em>La fl\u00e8che bris\u00e9e<\/em>, Cochise croit en la paix, donc au renoncement ; G\u00e9ronimo d\u00e9fend la voie des armes, puisqu\u2019il est, sous-entend-on, un ren\u00e9gat. Cochise encore dans <em>Le massacre de Fort Apache <\/em>et son fils <em>Taza, fils de Cochise<\/em> sont par\u00e9s de la noblesse de l\u2019indien qui tend la main au blanc. Poney-qui-marche (<em>La charge h\u00e9ro\u00efque<\/em>), les authentiques Dull Knife et Little Wolf (<em>Les Cheyennes<\/em>), Peau-de-la-vieille-hutte (<em>Little Big Man<\/em>) taisent leurs visions sombres car l\u2019oracle a parl\u00e9. Aujourd\u2019hui, qu\u2019\u00e9veillent les noms des chefs disparus ? Une ville (Seattle), une voiture (Pontiac), une collection litt\u00e9raire (Nuage Rouge), un cabaret (Crazy Horse). La parole des anciens tiss\u00e9e par la m\u00e9moire n\u2019est plus que la chronique d\u2019un soleil \u00e9teint.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Le cercle et le m\u00e9ridien<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><em>\u201cDans l\u2019ancien temps, lorsque nous \u00e9tions un peuple fort et heureux, tout notre pouvoir nous venait du cercle sacr\u00e9 de la nation, et tant qu\u2019il ne fut pas bris\u00e9, notre peuple a prosp\u00e9r\u00e9.\u201d<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0Elan Noir (13)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Rond est le soleil et rond le bouclier ;\u00a0 la femme fertile s\u2019arrondit comme la lune.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">A l\u2019\u00e9cran nous avons vu le cercle des tipis, celui des assaillants d\u00e9nu\u00e9s de strat\u00e9gie \u2013 \u00e0 l\u2019exc\u00e8s \u2013, et parfois celui des danseurs et des fumeurs. S\u2019il est un r\u00e9cit dont le rythme puise aux sources indiennes c\u2019est bien le r\u00e9cit circulaire. <em>Jeremiah Johnson<\/em> en est l\u2019exemple le plus clair : son sc\u00e9nario se construit en cercles concentriques ; aux rencontres de la premi\u00e8re moiti\u00e9 (Chemise Rouge, Dent d\u2019Ours, la femme folle, Del Gue) r\u00e9pondent dans l\u2019ordre inverse les adieux de la deuxi\u00e8me. Nous pouvons imaginer un r\u00e9cit de teneur indienne situ\u00e9 ailleurs qu\u2019en Am\u00e9rique et apr\u00e8s la conqu\u00eate ; il suffit que l\u2019oralit\u00e9, le myst\u00e8re, certaine qu\u00eate spirituelle, quelque identit\u00e9 rebelle, quelque ancrage dans le cercle dont le centre est partout, s\u2019y fasse jour.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"https:\/\/florealpeleato.com\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/Jeremiah-Johnson-1.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-6071 alignright\" src=\"https:\/\/florealpeleato.com\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/Jeremiah-Johnson-1-300x125.jpg\" alt=\"Jeremiah Johnson 1\" width=\"300\" height=\"125\" srcset=\"https:\/\/florealpeleato.com\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/Jeremiah-Johnson-1-300x125.jpg 300w, https:\/\/florealpeleato.com\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/Jeremiah-Johnson-1.jpg 347w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>Cheval Fou dit un jour : <em>\u201cNous vivons \u00e0 l\u2019ombre du r\u00e9el.\u201d<\/em> Qui veut\u00a0 acc\u00e9der au r\u00e9el indicible doit dissoudre le Moi pour d\u00e9couvrir le Soi. Y parvient-on ? Il est un m\u00e9ridien indien qui traverse certaines vies d\u00e8s l\u2019enfance. A l\u2019aune d\u2019une vie est indien celui qui acc\u00e8de au myst\u00e8re d\u2019un monde vivant dont il partage l\u2019ivresse originelle. Pourtant tout porte \u00e0 croire que le western ne nous a pas encore appris \u00e0 aimer, par exemple, la courbure du fr\u00eane, press\u00e9s que nous sommes d\u2019interroger les signes. Certains ont t\u00e2ch\u00e9 de penser et surtout de sentir en indien. C\u2019est l\u2019oeuvre d\u2019une vie. Apr\u00e8s trente ans d\u2019approche de la vie indienne une femme blanche, Ruth Beebe Hill, a choisi d\u2019\u00e9crire en lakota la saga intitul\u00e9e <em>Hanta Yo<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Aujourd\u2019hui les \u00e9crivains indiens prennent la rel\u00e8ve des cin\u00e9astes pour nous rappeller que le cin\u00e9ma peut \u00eatre un art de visionnaire qui voit l\u2019au-del\u00e0 des apparences et \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de l\u2019homme. Scott Momaday, Leslie Marmon Silko, James Welsh, David Treueur, Louise Erdrich, Sherman Alexie, nous parlent tout uniment de l\u2019indien du monde moderne et de celui de jadis. Sans folklore ni revendication. <em>C\u00e9r\u00e9monie<\/em> de Leslie Marmon Silko exprime bien cette rencontre de l\u2019Ancien et du Nouveau. Apr\u00e8s avoir combattu pendant la Deuxi\u00e8me Guerre mondiale le jeune Tayo doit r\u00e9apprendre \u00e0 vivre en indien \u2013<em> La porte du diable <\/em>n\u2019est pas tr\u00e8s loin \u2013. Autour de lui il voit un monde form\u00e9 d\u2019histoires qu\u2019il doit d\u00e9chiffrer : <em>\u201c Avec la certitude paisible du monde qu\u2019il avait sous les yeux, le peuple savait comment chaque chose devait \u00eatre.\u201d<\/em> (14) De surcro\u00eet les \u00e9crivains indiens partagent avec les cin\u00e9astes le m\u00eame besoin de comprendre l\u2019homme dans son entier, car l\u00e0 o\u00f9 le western a cru exalter la force de l\u2019homme il a mis en lumi\u00e8re sa fragilit\u00e9, et c\u2019est l\u00e0 sa grandeur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">NOTES<\/p>\n<p><em>Macbeth <\/em>(acte V, sc\u00e8ne 5).<\/p>\n<p><em>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <\/em>Cormack Mac Carthy, <em>M\u00e9ridien de sang, <\/em>Gallimard, 1988, p 281.<\/p>\n<p><em>\u201cLa v\u00e9rit\u00e9 sur ce monde, dit-il, c\u2019est qu\u2019il est (&#8230;) un tour de passe-passe dans une exhibition de<\/em><em>\u00a0charlatan, une fi\u00e9vreuse hallucination, une transe peupl\u00e9e de chim\u00e8res sans analogies ni pr\u00e9c\u00e9dents, <\/em><em>\u00a0un carnaval itin\u00e9rant, le spectacle d\u2019un chapiteau nomade dont l\u2019ultime destination apr\u00e8s tant et tant <\/em><em>de tourn\u00e9es sur les bourbiers de tant de champs de foire est un cataclysme dont l\u2019horreur d\u00e9passe <\/em><em>l\u2019entendement.\u201d<\/em><\/p>\n<p>(2) Yves Berger, <em>Le fou d\u2019Am\u00e9rique, <\/em>Grasset, 1976, p 243. Selon l\u2019auteur l\u2019abeille fut introduite en<\/p>\n<p>Am\u00e9rique en 1638.<\/p>\n<p>Voir aussi \u00e0 ce sujet <em>Dans les prairies du Far West <\/em>de Washington Irving. (Chap IX, p 53-58).<\/p>\n<p>(3) Faut-il rappeler ici, par exemple, que Leonard Peltier est emprisonn\u00e9 \u00e0 perp\u00e9tuit\u00e9 depuis 1977 pour un<\/p>\n<p>crime qu\u2019il n\u2019as pas commis? Activiste de l\u2019A.I.M il est accus\u00e9 d\u2019avoir assassin\u00e9 le 26 juin 1975 \u00e0<\/p>\n<p>Oglala (r\u00e9serve de Pine Ridge) deux agents du FBI. Cf\u00a0: son autobiographie <em>My life is my Sun Dance<\/em>,<\/p>\n<p>le livre de Peter Matthiesen qui lui est consacr\u00e9 ainsi qu\u2019<em>Incident at Oglala<\/em> le film documentaire de\u00a0Michael Apted.<\/p>\n<p>(4)\u00a0 Scott Momaday, <em>La maison de l\u2019aube<\/em>, Nuage Rouge, Editions du Rocher, 1993, p 278.<\/p>\n<p>(5) A la diff\u00e9rence du superbe r\u00e9cit de Dorothy Johnson dont il est tir\u00e9 et qui ne mentionne pas la Danse\u00a0du soleil. Ajoutons qu\u2019\u00e9trangement les adaptateurs ont transpos\u00e9 chez les Sioux cette histoire qui se\u00a0d\u00e9roule chez les Crows. Ce qui d\u00e9plut fortement \u00e0 la dame de Missoula.<\/p>\n<p>(6) George Catlin, <em>Les Indiens d\u2019Am\u00e9rique du Nord, <\/em>Terre Indienne, Albin Michel, 1992, p 514.<\/p>\n<p>(7) Saguaro: cactus g\u00e9ant qui pousse dans le Sud-Ouest des Etats-Unis et au Mexique.<\/p>\n<p>(8) Dorothy Johnson, <em>Un homme nomm\u00e9 Cheval <\/em>dans<em> Contr\u00e9e Indienne, <\/em>10\/18 Domaine \u00e9tranger, p 234.<\/p>\n<p>(9) Francis Parkman, <em>La piste de l\u2019Or\u00e9gon,\u00a0 <\/em>Ph\u00e9bus, 1991, p 102<\/p>\n<p>(10) Washington Irving, <em>Dans les prairies du Far West, <\/em>Viviane Hamy, 1991, p 157.<\/p>\n<p>(11) M. Lewis W. Clark, <em>Le grand retour, <\/em>Ph\u00e9bus, 1993, p 322.<\/p>\n<p>(12)<em> Ishi : the last of his tribe (1978) <\/em>de\u00a0 Robert Ellis Miller \u00e0 partir d\u2019un sc\u00e9nario de Dalton Trumbo.<\/p>\n<p>(13) John Neihardt, <em>Elan Noir, m\u00e9moires d\u2019un sioux, <\/em>Stock, 1977, p 201.<\/p>\n<p>(14) Leslie Marmon Silko, <em>C\u00e9r\u00e9monie, <\/em>Terre Indienne, Albin Michel, 1992, p 78.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>\u00a0<\/em><\/p>\n<p><em>\u00a0<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Aprovecho que el museo Thyssen acoge hasta el mes de febrero de 2016 la exposici\u00f3n titulada \u00ab\u00a0La ilusi\u00f3n del lejano Oeste\u00a0\u00bb para compartir este art\u00edculo que dediqu\u00e9 hace a\u00f1os al tratamiento de los indios en el western.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":6062,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[7],"tags":[97,98,11,99,100,101,102,69,103,104,105,106],"class_list":["post-6059","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-cine-americano","tag-abraham-polonsky","tag-anthony-mann","tag-arthur-penn","tag-bud-bodetticher","tag-clint-eastwood","tag-delmer-daves","tag-howard-hawks","tag-john-ford","tag-kevin-costner","tag-lewsi-and-clark","tag-raoul-walsh","tag-robert-aldrich"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/florealpeleato.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6059","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/florealpeleato.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/florealpeleato.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/florealpeleato.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/florealpeleato.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6059"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/florealpeleato.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6059\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/florealpeleato.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/6062"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/florealpeleato.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6059"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/florealpeleato.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6059"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/florealpeleato.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6059"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}