{"id":6263,"date":"2017-07-16T14:21:25","date_gmt":"2017-07-16T14:21:25","guid":{"rendered":"http:\/\/florealpeleato.com\/?p=6263"},"modified":"2017-07-16T14:21:25","modified_gmt":"2017-07-16T14:21:25","slug":"le-film-noir-dans-le-miroir-neorealiste","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/florealpeleato.com\/en\/le-film-noir-dans-le-miroir-neorealiste\/","title":{"rendered":"Le Film Noir dans le miroir n\u00e9or\u00e9aliste"},"content":{"rendered":"<p><strong>Article publi\u00e9 dans Positif (N\u00ba 629-630, juillet-ao\u00fbt 2013)<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">A partir de 1945 ils sont des millions \u00e0 travers le monde \u00e0 pouvoir dire\u00a0: \u00ab\u00a0l\u2019horreur a un visage\u00a0\u00bb, ou plut\u00f4t des visages noy\u00e9s d\u2019ombre qu\u2019il convient de d\u00e9masquer sous peine d\u2019assister \u00e0 l\u2019impunit\u00e9 des criminels gris\u00e9s par le silence des l\u00e2ches, la faiblesse des imprudents et la corruption des puissants. Face au pacte des d\u00e9linquants que peuvent les laiss\u00e9s pour comptes, les dissidents, les r\u00e9fractaires et les id\u00e9alistes sinon t\u00e9moigner de leur infortune ? M\u00eame si le cin\u00e9ma con\u00e7u dans l\u2019apr\u00e8s-guerre ne se r\u00e9f\u00e8re pas au traumatisme produit par la Deuxi\u00e8me Guerre mondiale et si l\u2019on feint de croire \u00e0 un monde lav\u00e9 de sa souillure une menace discr\u00e8te assombrit les films, car en d\u00e9pit de l\u2019horreur r\u00e9cente l\u2019homme ne devient pas meilleur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">En Italie, le n\u00e9or\u00e9alisme puise ses forces dans la mise en cause d\u2019un ordre injuste sur le point d\u2019\u00e9merger entre les ruines. A ses d\u00e9buts il montre les hommes pr\u00eats \u00e0 perp\u00e9tuer des m\u00e9faits au m\u00e9pris de toute solidarit\u00e9. Plus tard seulement il s\u2019attendrira et sera pittoresque. Et tous, du plus pauvre jusqu\u2019aux nantis, collaborent \u00e0 l\u2019asservissement social. Aucune compassion n\u2019emp\u00eache la d\u00e9tresse du <em>Voleur de bicyclette<\/em> (1948) ou le suicide d\u2019un enfant dans <em>Allemagne, ann\u00e9e z\u00e9ro <\/em>(1948) et dans <em>Senza piet\u00e0 <\/em>(1948) le racisme n\u2019\u00e9pargne pas le soldat noir amoureux d\u2019une jeune femme r\u00e9duite \u00e0 se prostituer puis assassin\u00e9e. Pourtant le fort pouvoir d\u2019empathie des films italiens r\u00e9alis\u00e9s entre 1945 et 1950 repose sur une d\u00e9fense et illustration de la dignit\u00e9 humaine malmen\u00e9e par une adversit\u00e9 parfois si obstin\u00e9e qu\u2019elle m\u00e9rite le nom de fatum. L\u2019impact \u00e9motionnel et esth\u00e9tique du n\u00e9or\u00e9alisme sur les autres cin\u00e9matographies de l\u2019\u00e9poque est, on le sait, immense, si bien que le film noir am\u00e9ricain n\u2019\u00e9chappe pas \u00e0 son influence.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Tr\u00e8s t\u00f4t deux voies d\u2019expression s\u2019\u00e9panouissent dans le genre. D\u2019un c\u00f4t\u00e9, la sophistication des sinueux <em>Laura<\/em>, <em>Assurance sur la mort<\/em>, <em>P\u00e9ch\u00e9 mortel, Le Grand sommeil<\/em>,<em> Gilda<\/em>,<em> L\u2019emprise du crime, Le secret derri\u00e8re la porte <\/em>et <em>La Dame de Shangai<\/em>, d\u00e9nu\u00e9s de toute vis\u00e9e sociale, fait les d\u00e9lices de spectateurs\u00a0avides de m\u00e9lodrames criminels, de femmes fatales, de senteurs d\u00e9l\u00e9t\u00e8res et de personnages d\u2019exception ; de l\u2019autre, une veine plus crue se fait jour peu \u00e0 peu, due, pour l\u2019essentiel, \u00e0 des nouveaux venus\u00a0plus enclins \u00e0 d\u00e9crire la vie morne de millions d\u2019am\u00e9ricains. Si grandeur il y a dans ces films noirs d\u2019inspiration documentaire elle r\u00e9side dans la r\u00e9sistance quotidienne de ceux qui luttent pour survivre. Ils s\u2019attirent les faveurs du public car les cin\u00e9astes am\u00e9ricains dressent un \u00e9tat des lieux de la nation qu\u2019ils critiquent tout en la m\u00e9nageant\u00a0: leurs personnages peuvent \u00eatre des rebelles ou des r\u00e9formateurs, mais pas des r\u00e9volutionnaires pr\u00eats \u00e0 d\u00e9truire les fondements de la soci\u00e9t\u00e9. Ni la censure ni les spectateurs de l\u2019\u00e9poque n\u2019auraient accept\u00e9 un discours politique, au mieux partageaient-ils une condamnation morale.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"https:\/\/florealpeleato.com\/wp-content\/uploads\/2017\/07\/Raw-Deal.jpg\" rel=\"attachment wp-att-6268\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-6268 alignleft\" src=\"https:\/\/florealpeleato.com\/wp-content\/uploads\/2017\/07\/Raw-Deal-300x168.jpg\" alt=\"Raw-Deal\" width=\"300\" height=\"168\" srcset=\"https:\/\/florealpeleato.com\/wp-content\/uploads\/2017\/07\/Raw-Deal-300x168.jpg 300w, https:\/\/florealpeleato.com\/wp-content\/uploads\/2017\/07\/Raw-Deal.jpg 500w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>On pr\u00e9f\u00e8re la \u00ab\u00a0true story\u00a0\u00bb qui semble garantir un apport d\u2019authenticit\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9cran. La voix off d\u2019un narrateur ext\u00e9rieur au r\u00e9cit inscrit le film dans un contexte pr\u00e9cis pour confirmer que <em>La Brigade du suicide <\/em>(1947) et <em>Incident de fronti\u00e8re <\/em>(1949) d\u2019Anthony Mann sont des \u00ab\u00a0true stories\u00a0\u00bb, sans doute flatteuses pour la police am\u00e9ricaine, mais sans concession \u00e0 l\u2019\u00e9gard des rouages corrompus. L\u2019ouverture de <em>Appelez Nord 777 <\/em>(1947) d\u2019Henry Hathaway m\u00eale images d\u2019archives des ann\u00e9es trente situ\u00e9es \u00e0 Chicago avant d\u2019introduire des sc\u00e8nes film\u00e9es dans les ann\u00e9es quarante associ\u00e9es \u00e0 un commentaire off de style journalistique. <em>La Cit\u00e9 sans voiles <\/em>(1948) de Jules Dassin va plus loin car son producteur Mark Hellinger assure la locution off du prologue et de l\u2019\u00e9pilogue en hommage \u00e0 ces \u00ab\u00a0huit millions d\u2019histoires qui existent dans la cit\u00e9 sans voiles\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">New York est \u00a0cette cit\u00e9\u00a0 et devient le symbole de la m\u00e9tropole tentaculaire. Depuis <em>L\u2019Aurore <\/em>(1927) la ville est le lieu de toutes les tentations et de tous les dangers. Stylis\u00e9e dans <em>Scarface<\/em> (1932) ou<em> Les Fantastiques ann\u00e9es vingt <\/em>(1939) elle dispara\u00eet au profit d\u2019une ville plus fid\u00e8le \u00e0 la perception des contemporains. C&#8217;est ainsi qu&#8217;un apport ind\u00e9niable du n\u00e9or\u00e9alisme est la visibilit\u00e9 du creuset culturel<em>. <\/em>A l&#8217;\u00e9cran, grecs, italiens, slaves, noirs, mexicains, jusqu&#8217;alors d\u00e9laiss\u00e9s par les producteurs, occupent une place non n\u00e9gligeable.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Ce n\u2019est pas un hasard si le journaliste est une figure r\u00e9currente du genre puisque qu\u2019il arpente la ville \u00e0 la recherche de la v\u00e9rit\u00e9. Dans <em>Appelez Nord 777 <\/em>James Stewart consacre ses efforts \u00e0 faire innocenter un homme incarc\u00e9r\u00e9 pour un crime qu\u2019il n\u2019a pas commis. A travers son parcours nous d\u00e9couvrons aussi bien le d\u00e9roulement du test de v\u00e9rit\u00e9, les techniques d\u2019imprimerie, une prison panoptique que les fonctions du Pardon Board qui peut accorder sa gr\u00e2ce et garantir la d\u00e9fense des valeurs d\u00e9mocratiques. Cette insistance \u00e0 d\u00e9crire un savoir-faire, des proc\u00e9d\u00e9s et des institutions pourrait aussi bien \u00eatre signal\u00e9e dans un film n\u00e9or\u00e9aliste.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/florealpeleato.com\/wp-content\/uploads\/2017\/07\/call-northside-777_39.jpg\" rel=\"attachment wp-att-6264\"><img decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-6264 aligncenter\" src=\"https:\/\/florealpeleato.com\/wp-content\/uploads\/2017\/07\/call-northside-777_39-300x225.jpg\" alt=\"call-northside-777_39\" width=\"300\" height=\"225\" srcset=\"https:\/\/florealpeleato.com\/wp-content\/uploads\/2017\/07\/call-northside-777_39-300x225.jpg 300w, https:\/\/florealpeleato.com\/wp-content\/uploads\/2017\/07\/call-northside-777_39.jpg 720w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019obsession du d\u00e9tail donne parfois tout son sel \u00e0 une s\u00e9quence. Dans <em>Le Port de la drogue <\/em>(1953) de Samuel Fuller, Thelma Ritter aide les policiers \u00e0 identifier un pickpocket simplement en connaissant sa mani\u00e8re de plier un journal face \u00e0 sa victime. A l\u2019\u00e9chelle d\u2019un film ce souci de v\u00e9racit\u00e9 se v\u00e9rifie dans les fims noirs qui d\u00e9crivent la pr\u00e9paration m\u00e9thodique d\u2019un vol\u00a0: <em>Quand la ville dort <\/em>(1950), <em>L\u2019ultime razzia <\/em>(1956), <em>Le coup de l\u2019escalier <\/em>(1959). On peut se demander si sur ce point les r\u00e9alisateurs am\u00e9ricains ne prolongent pas en le syst\u00e9matisant le besoin de justesse ressenti par les cin\u00e9astes italiens.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Dans un autre domaine le film noir accentue quelque chose d\u2019implicite et peu convaincant dans le cin\u00e9ma n\u00e9or\u00e9aliste\u00a0: le traitement du son. Un surcro\u00eet de r\u00e9alisme, apparent du moins, obtenu par l\u2019insertion de sonneries, sir\u00e8nes, klaxons, coups de freins, passages de trains et de tramways, ambulances, avions, vol\u00e9es de cloches, rotatives d\u2019imprimerie, machines en usine, constitue un arri\u00e8re-plan sonore obs\u00e9dant. On mesure dans <em>L\u2019impasse tragique <\/em>(1946) de Henry Hathaway \u00e0 quel point certains sons r\u00e9p\u00e9t\u00e9s \u00e0 l\u2019envi forment un leitmotiv jamais lassant et d\u2019une puissance d\u2019\u00e9vocation suffisante pour comprendre l\u2019environnement physique et \u00e9motionnel du d\u00e9tective protagoniste. L\u2019absence d\u2019un son peut aussi produire un impact m\u00e9morable. Dans <em>Association criminelle <\/em>(1955) de Joseph Lewis Brian Donleavy meurt sous le cr\u00e9pitement des mitraillettes qu\u2019il n\u2019entend pas car on lui retire le sonotone juste avant son ex\u00e9cution.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019espace urbain du film noir oppresse le h\u00e9ros \u00e0 son insu. Sa g\u00e9om\u00e9trie onirique se pr\u00eate \u00e0 merveille \u00e0 ces poursuites et errements somnambuliques parmi ponts suspendus, gratte-ciels, cours et ruelles sordides, escaliers et couloirs con\u00e7us par un disciple de D\u00e9dale, docks mis\u00e9reux, berges de fleuves aux eaux stagnantes, avenues d\u00e9sertes, motels surgis de nulle part, entrep\u00f4ts \u00e0 l\u2019abandon, film\u00e9s \u00e0 Los Angeles, San Francisco, New York ou La Nouvelle Orleans (<em>Panique dans la rue, <\/em>1950). Cette oscillation entre la splendeur du spectacle et la rigueur du reportage, \u00e0 l\u2019image du passage du luxe au d\u00e9nuement, est aussi exprim\u00e9e par le recours au tournage en d\u00e9cors naturels sans renoncer au studio.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Ce r\u00e9alisme dru impr\u00e8gne <em>Sur les quais <\/em>(1954), \u00e9galement r\u00e9alis\u00e9 par Elia Kazan, qui sans \u00eatre un film noir est hant\u00e9 par la d\u00e9gradation, les t\u00e2tonnements identitaires et la conqu\u00eate de la dignit\u00e9. La photographie de Boris Kaufman r\u00e9sume bien la ligne de partage ind\u00e9cise qui distingue les films noirs opalescents aux contrastes violents et aux ombres d\u00e9coup\u00e9es et d\u2019autres habit\u00e9s par la grisaille. Outre Atlantique, Otello Martelli et Aldo Tonti \u00e9taient confront\u00e9s aux m\u00eames questions formelles que John Alton et Joe Mac Donald. Est-il indispensable de filmer la pauvret\u00e9 en images ternes ?<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/florealpeleato.com\/wp-content\/uploads\/2017\/07\/026-on-the-waterfront-theredlist.jpg\" rel=\"attachment wp-att-6266\"><img decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-6266 alignright\" src=\"https:\/\/florealpeleato.com\/wp-content\/uploads\/2017\/07\/026-on-the-waterfront-theredlist-300x216.jpg\" alt=\"ON THE WATERFRONT, Marlon Brando, Karl Malden, 1954\" width=\"300\" height=\"216\" srcset=\"https:\/\/florealpeleato.com\/wp-content\/uploads\/2017\/07\/026-on-the-waterfront-theredlist-300x216.jpg 300w, https:\/\/florealpeleato.com\/wp-content\/uploads\/2017\/07\/026-on-the-waterfront-theredlist-1024x737.jpg 1024w, https:\/\/florealpeleato.com\/wp-content\/uploads\/2017\/07\/026-on-the-waterfront-theredlist-768x552.jpg 768w, https:\/\/florealpeleato.com\/wp-content\/uploads\/2017\/07\/026-on-the-waterfront-theredlist-1536x1105.jpg 1536w, https:\/\/florealpeleato.com\/wp-content\/uploads\/2017\/07\/026-on-the-waterfront-theredlist.jpg 1600w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Ce m\u00eame d\u00e9sir de r\u00e9alisme irrigue aussi les brefs films d\u2019Ida Lupino qui \u00e0 l\u2019exception du <em>Voyage de la peur <\/em>(1953) ne sont pas des films noirs, mais <em>Not wanted <\/em>(1949), <em>Outrage<\/em> (1950) et<em> Never fear<\/em> (1950) transmettent ce besoin de d\u2019accuser les institutions et de donner la parole, et la raison, aux plus d\u00e9munis, au premier plan desquels se situent les femmes, si souvent exploit\u00e9es ou maltrait\u00e9es. La r\u00e9alisatrice choisit de situer ses histoires dans des <em>small town <\/em>et \u00e0 la campagne, rare dans le genre si l\u2019on excepte <em>La Griffe du pass\u00e9 <\/em>(1947) et <em>Nightfall<\/em> (1956) de Jacques Tourneur,<em> March\u00e9 de brutes <\/em>(1948) et <em>Incident de fronti\u00e8re<\/em> d\u2019Anthony Mann, \u00a0<em>Haines <\/em>(1950) de Joseph Losey ou <em>La Maison dans l\u2019ombre<\/em> (1951), dont certains lui attribuent la cor\u00e9alisation avec Nicholas Ray. Presque tout le m\u00e9trage du <em>Voyage de la peur <\/em>r\u00e9unit les trois personnages dans un d\u00e9sert sans attraits mais la r\u00e9solution nocturne finale emprunte au genre ses codes les plus connus. La s\u00e9cheresse des films d\u2019Ida Lupino renforc\u00e9e par un ton quasi d\u00e9dramatis\u00e9 et des budgets infimes est contredite par un jeu d\u2019acteurs encore marqu\u00e9 par une recherche de l\u2019effet.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Le go\u00fbt du vrai conduit \u00e0 d\u00e9barrasser le visage de l\u2019acteur de toute aura de star pour qu\u2019affleure l\u2019homme de la rue, de pr\u00e9f\u00e9rence parmi les personnages secondaires. A la beaut\u00e9 on va pr\u00e9f\u00e9rer l\u2019intensit\u00e9 des \u00ab\u00a0gueules\u00a0\u00bb des acteurs de composition et ici encore la qu\u00eate du r\u00e9el d\u00e9bouche sur l\u2019artifice. On a beau vouloir convaincre le public que la vraisemblance enrichit <em>Boomerang <\/em>(1947) gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019apport de com\u00e9diens non professionnels, comme il advient dans le n\u00e9or\u00e9alisme depuis <em>Rome, ville ouverte<\/em> (1945), ceux-ci se m\u00ealent aux interpr\u00e8tes c\u00e9l\u00e8bres, non sans ambig\u00fcit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"https:\/\/florealpeleato.com\/wp-content\/uploads\/2017\/07\/Annex-Savage-Ann-Detour_01.jpg\" rel=\"attachment wp-att-6265\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-6265 alignleft\" src=\"https:\/\/florealpeleato.com\/wp-content\/uploads\/2017\/07\/Annex-Savage-Ann-Detour_01-300x238.jpg\" alt=\"Annex - Savage, Ann (Detour)_01\" width=\"300\" height=\"238\" srcset=\"https:\/\/florealpeleato.com\/wp-content\/uploads\/2017\/07\/Annex-Savage-Ann-Detour_01-300x238.jpg 300w, https:\/\/florealpeleato.com\/wp-content\/uploads\/2017\/07\/Annex-Savage-Ann-Detour_01-1024x811.jpg 1024w, https:\/\/florealpeleato.com\/wp-content\/uploads\/2017\/07\/Annex-Savage-Ann-Detour_01-768x608.jpg 768w, https:\/\/florealpeleato.com\/wp-content\/uploads\/2017\/07\/Annex-Savage-Ann-Detour_01-1536x1216.jpg 1536w, https:\/\/florealpeleato.com\/wp-content\/uploads\/2017\/07\/Annex-Savage-Ann-Detour_01.jpg 1600w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>Du n\u00e9or\u00e9alisme le film noir h\u00e9rite le poids du destin qui \u00e9touffe les personnages de <em>La Griffe du pass\u00e9<\/em>, <em>Les Tueurs <\/em>(1946), <em>Criss cross <\/em>(1949), <em>Quand la ville dort<\/em>, <em>Sunset Boulevard<\/em> (1950) et, dont la mort, sacrificielle dans<em> Les D\u00e9mons de la libert\u00e9 <\/em>(1947), n\u2019est pas vaine, \u00e0 part sans doute celle de Tom Neal dans <em>D\u00e9tour <\/em>(1946).\u00a0 Peut-\u00eatre avons-nous besoin de voir le destin ployer les \u00eatres humains pour atteindre la catharsis. Sinon, comment expliquer la \u00ab\u00a0poisse\u00a0\u00bb qui s\u2019abat sur l\u2018homme semblable \u00e0 un boxeur frapp\u00e9 par un ennemi invisible ? Dans le film noir le personnage masculin \u00e9vite un sort funeste, soit par le biais de la r\u00e9demption (<em>L\u2019enfer de la corruption<\/em>, 1948\u00a0; <em>Nous avons gagn\u00e9 ce soir<\/em>, 1949), soit lorsqu\u2019il est gagn\u00e9 par l\u2019amour, de mani\u00e8re h\u00e2tive et quelque peu conventionnelle (<em>L\u2019impasse tragique\u00a0<\/em>; <em>\u00a0Les Bas bas fonds de Frisco, <\/em>1949\u00a0; <em>Le Port de la drogue<\/em>\u00a0;\u00a0 <em>Association criminelle<\/em>).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Certes, le sort s\u2019acharne sur certains personnages, cependant le film noir se distingue du n\u00e9or\u00e9alisme par l\u2019\u00e9nergie qui se d\u00e9gage de l\u2019enqu\u00eate et permet de d\u00e9passer l\u2019\u00e9chec. La structure dramaturgique du genre oblige sc\u00e9naristes et r\u00e9alisateurs \u00e0 d\u00e9laisser l\u2019\u00e9pisodique et le digressif afin de resserrer les liens de la trame. Malgr\u00e9 les \u00e9preuves inflig\u00e9es aux personnages la vitalit\u00e9 l\u2019emporte. Elle est fortifi\u00e9e par la conviction qu\u2019envers et contre tout r\u00e8gne l\u2019isonomie, c\u2019est-\u00e0-dire l\u2019\u00e9galit\u00e9 des chances face \u00e0 la loi d\u00e9fendue par les partisans de la d\u00e9mocratie ath\u00e9nienne. Mais une autre caract\u00e9ristique am\u00e9ricaine la nourrit.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"https:\/\/florealpeleato.com\/wp-content\/uploads\/2017\/07\/Lee_Marvin_The_Big_Heat.jpg\" rel=\"attachment wp-att-6267\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-6267 alignleft\" src=\"https:\/\/florealpeleato.com\/wp-content\/uploads\/2017\/07\/Lee_Marvin_The_Big_Heat-300x169.jpg\" alt=\"Lee_Marvin_The_Big_Heat\" width=\"300\" height=\"169\" srcset=\"https:\/\/florealpeleato.com\/wp-content\/uploads\/2017\/07\/Lee_Marvin_The_Big_Heat-300x169.jpg 300w, https:\/\/florealpeleato.com\/wp-content\/uploads\/2017\/07\/Lee_Marvin_The_Big_Heat.jpg 658w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>Avant d\u2019\u00eatre popularis\u00e9e par Boris Cyrulnik la notion de \u00ab\u00a0r\u00e9silience\u00a0\u00bb para\u00eet sous la plume de Paul Claudel en 1936 : <em>\u00ab\u00a0Il y a dans le temp\u00e9rament am\u00e9ricain une qualit\u00e9 que l\u2019on traduit l\u00e0-bas par le mot <\/em>resiliency<em>, pour lequel je ne trouve pas en fran\u00e7ais de correspondant exact, car il unit les id\u00e9es d\u2019\u00e9lasticit\u00e9, de ressort, de ressource et de bonne humeur. Une jeune fille perd sa fortune, elle se mettra sans grogner \u00e0 laver la vaisselle et \u00e0 fabriquer des chapeaux. Un \u00e9tudiant ne se croira pas d\u00e9shonor\u00e9 de travailler quelques heures par jour dans un garage ou dans un caf\u00e9.\u00a0\u00bb <\/em>Elle est sous-jacente dans de nombreux films. \u00c0 la fin de <em>R\u00e8glement de compte <\/em>(1953), le personnage interpr\u00e9t\u00e9 par Glenn Ford, \u00e9prouv\u00e9 par la mort de sa femme et de sa fille et le constat d\u2019une gangr\u00e8ne sociale n\u2019en reprend pas moins du service dans les rangs de la police car il se doit de continuer l\u2019h\u00e9ro\u00efque et discret combat quotidien.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><em>\u00a0<\/em><\/p>\n<p><em>\u00a0<\/em><\/p>\n<p><em>\u00a0<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>El Film Noir no deja de fascinarnos. M\u00e1s all\u00e1 de su vertiente seductora cargada de erotismo, sofisticaci\u00f3n y de melodramas criminales, tambi\u00e9n ha dado lugar a pel\u00edculas secas, \u00e1speras, modeladas por la visi\u00f3n documental del periodismo de denuncia social y herederas del Neorrealismo italiano.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":6270,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[7],"tags":[98,162,163,164,67,165,166,167,168,169],"class_list":["post-6263","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-cine-americano","tag-anthony-mann","tag-edward-g-ulmer","tag-elia-kazan","tag-film-noir","tag-fritz-lang","tag-henry-hathaway","tag-jacques-touneur","tag-joseph-lewis","tag-jules-dassin","tag-samuel-fuller"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/florealpeleato.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6263","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/florealpeleato.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/florealpeleato.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/florealpeleato.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/florealpeleato.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6263"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/florealpeleato.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6263\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/florealpeleato.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media\/6270"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/florealpeleato.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6263"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/florealpeleato.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6263"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/florealpeleato.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6263"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}